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Les
civilisations traditionnelles avant la colonisation occidentale
planétaire,
vivaient en symbiose avec des territoires
naturels. La nature leur donnait tout : nourriture,
habitat, mythes et spiritualité.
La
conquête coloniale brutale par l’homme blanc
aidé rapidement par des supplétifs
locaux soumis à l’esprit occidental a
entraîné la destruction d’espaces
naturels sur lesquels vivaient depuis l’aube de
l’humanité les peuples
premiers.
Destruction,
prédation entraînant dans la mort et la
destruction, la nature et ses
habitants, les prétendus sauvages.
(Malgré
une arrivée sur la scène politique des
amérindiens qui font aujourd’hui preuve
d’une formidable vitalité sur tout le continent
américain, par exemple.)
A
la racine, pour les peuples autochtones sur la planète, le
ravage a été presque
total, il en reste bien peu qui ont gardé authentiquement
leur unité
traditionnelle.
Réduits
à l’extrême limite de la
décomposition spirituelle, ils survivent en attente
d’une fin culturelle programmée par
l’assimilation de leur société dans le
bain
de la néo-modernité ultra
libérale.
Avec
la disparition de ces peuples, s’efface une conception du
monde extrêmement
élaborée, qui a fait dire à Claude
Lévy STRAUSS que ces civilisations premières
possédaient en
leur sein des
intellectuels et une pensée aussi raffinée que la
notre.
La
pensée occidentale pétrie de certitude quant
à son modèle soi disant humaniste
de droit divin, issu des civilisations du livre, perçoit
tout ce qui n’est pas
elle comme inférieur ou ennemi et a bien peu
assimilé des civilisations qu’elle
a détruites.
La
prétention et l’arrogance irrationnelle de cette
pensée d’occident est
« sans fin », elle
prétend à la maîtrise technique de la
nature, mais
ne fait que la ruiner. Elle prétend apporter grâce
à ses différents avatars de
modèles sociaux, l’égalité,
le bonheur, (qu’il soit capitaliste, socialiste ou
communiste), mais laisse des milliards d’hommes sur la
planète dans la misère,
la guerre et la pauvreté.
La
pensée occidentale place l’homme au-dessus de tout
comme maître
et possesseur de son environnement,
tout ce qui n’est pas lui est réduit à
l’état de chose,
matière première de sa
croissance et de son
appétit de pouvoir.
A
contrario pour les
peuples
traditionnels l’être
humain est nature, ne percevant pas de
différence entre
eux et l’univers, ceux-ci se considèrent comme
faisant partie
d’un grand
tout cosmique.
La
nature pour ces peuples est remplie d’énergie et
de magie, les manifestations
des êtres et des choses sont des esprits. Dans leur
conception du monde, tout
est sacré.
Détruire
le vivant c’est détruire des consciences, briser
des âmes, défaire la relation
qui unit corps et esprit. Un arbre, un animal, une roche, sont des
entités
dotées d’une conscience psychique auxquels on doit
le respect. Conception bien
difficile à comprendre pour nos mentalités
d’aujourd’hui !
Pour
« l’homme sauvage »,
vivre, c’est être en relation avec les autres,
des Autres qu’ils perçoivent bien
au-delà de la communauté humaine, du clan.
L’homme
premier a une grande lucidité dans l’acte de
manger; dévorer c’est mettre à
mort, la mort c’est aussi
la vie, car
pour vivre chaque être dévore, mange, donc fait
mourir, les civilisations
premières ont une grande conscience de cela.
Tout
être vivant est un dévorant sacrificateur
lui-même un jour ou l’autre
sera dévoré par
d’autres entités ne
serait-ce que par les vers, les bactéries, le feu, qui
recycleront nos
cadavres.
L’âme
de l’animal tué doit être prise en
compte et respectée pour ne pas créer un
conflit avec le peuple de la bête sacrifiée et son
esprit gardien.
Par
des coutumes et des rituels de chasse, il s’agit de maintenir
l’équilibre du
monde des esprits. Ne pas chasser pour chasser, ne pas
dépasser la mesure de sa
faim telle est la règle ancestrale.
Chez
les sociétés
« primitives », respecter
l’esprit du groupe animal
c’est aussi respecter le groupe d’hommes du clan
qui à choisi cet animal comme
totem protecteur.
Cette
pensée ne permet pas, comme chez nous,
l’envahissement sans limite de la
cruauté exercée envers les animaux.
La
fusion spirituelle animique homme-animal est tellement intense dans les
peuples
de la tradition primordiale qu’il ne viendrait pas
à l’esprit du chasseur
indien de tuer plus qu’il
ne faut par
peur de rompre l’équilibre des esprits de la
nature.
Car dans cette tradition,
c’est la fusion qui est
recherchée, l’incorporation de l’esprit
dans le corps d’un animal, devenir un
jaguar, devenir un aigle, une fourmi, une araignée, un
arbre, une plante. Faire
l’expérience avec une volonté intense
de l’Autre, non pas avec l’intellect mais avec le
sentiment de l’âme et du
cœur. Cette pratique d’habiter ou
d’être envahie en symbiose avec le corps de
l’autre est une expérience fulgurante qui marque
un homme pour toute sa vie.
Celui qui à vécu cette fusion amimique ne voit
plus l’univers qui l’entoure
comme avant.
Mais pour cela, il faut des conditions, des moteurs
puissants : Une culture, la
connaissance du désir, du rêve,
de la poésie, l’initiation
aux connexions mystérieuses du vivant.
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Vivre
en assimilant, en fusionnant à l’autre,
en l’intégrant à son cercle de vie
c’est là l’attitude des
sociétés premières,
les premiers découvreurs
européens de l’Amérique en firent
l’expérience. Ils furent bien accueillis par
les Indiens qui les acceptèrent dans leur cercle, leur
offrant la nourriture et
partager leurs femmes.
Jusqu’au
jour où ils s’aperçurent que la
mentalité du blanc avec sa supériorité
hautaine
et sa certitude aveugle de son droit divin à dominer, niait
la réciprocité de
relation et de l’échange.
Aujourd’hui
qu’en est t’il, pourrons-nous continuer
à vivre en prédateur du vivant, en
dévoreur de monde, en sacrificateur de tout ce qui
n’est pas
la normative pensée unique
matérialiste occidentale ?
Je
considère que la posture symbolique ancestrale des peuples
premiers a vouloir
placer la vie au centre de l’univers et non l’homme
comme patron
propriétaire des être et des choses
est une vertu universelle salutaire qu’il faut retrouver.
Ce
bio centrisme qui place le vivant au centre de la dynamique culturelle
et
spirituelle des
sociétés est un facteur
immense pour le respect de la nature, des êtres
vivants : Hommes,
« frères » animaux et
« sœurs » plantes.
Dans
ce sens l’Ancestralité Primordiale n’est
pas rétrograde mais répond à une
problématique extrêmement contemporaine.
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